Évolution du prix de la molécule de gaz : Tendances récentes et perspectives futures

prix de la molécule de gaz

Publié le : 02 avril 20247 mins de lecture

Anticiper les coûts liés à la consommation énergétique s’avère d’une importance cruciale pour l’activité des entreprises. Or, le prix du gaz au MWh se révèle particulièrement fluctuant et apte à déjouer les prognostics. Récemment, le conflit opposant la Russie à l’Ukraine a eu des répercussions fortes sur les cours de l’énergie. Les tarifs du gaz se sont envolés pour les ménages comme pour les professionnels. Afin de ne pas se laisser surprendre, il apparaît fondamental de disposer d’outils fiables pour connaître les tendances récentes et les évolutions probables.

De quelle manière est défini le prix du gaz ?

L’année 2004 signe l’ouverture à la concurrence du marché gazier pour l’ensemble des collectivités et des sociétés. Depuis lors, le prix du MWh gaz n’est pas établi de façon fixe et définitive sur le territoire français. Pour comprendre la manière dont il est déterminé et être en mesure de l’anticiper, il importe d’opérer une distinction entre le marché de gros ainsi que celui de détail. Près de 99 % du gaz naturel consommé dans l’Hexagone est en provenance de l’étranger. Les pays producteurs vendent leur ressources énergétiques sur le marché de gros à divers fournisseurs de gaz. Le principe s’apparente à celui de la Bourse. Nombre de facteurs impactent ainsi le prix du gaz, dont la conjoncture géopolitique, le coût du pétrole sur lequel est indexé celui du gaz, les conditions météorologiques, etc. Après le marché de gros, vient pour les acheteurs de gaz l’étape du marché de détail. Ce dernier correspond à la vente de combustible par les fournisseurs d’énergie à des entreprises ou des professionnels. Outre Engie, l’acteur historique, maints fournisseurs alternatifs sont apparus sur le devant de la scène. On dénombre également quelques ELD (Entreprises locales de distribution). La facture de gaz est également déterminée par la prise en compte d’autres facteurs d’influence :

  • Le profil de consommation : il dépend de la quantité de gaz utilisée. Plusieurs catégories ont été créées. Par exemple, la classe S2S concerne les consommateurs qui excèdent les 4 000 001 kWh de gaz chaque année.
  • L’emplacement géographique : la France est découpée en six zones tarifaires. Les tarifs du gaz varient dans chacune d’entre elles. Ils sont le plus élevés dans la première. La zone 6 est la moins onéreuse.
  • Les taxes (TVA, CTA et TICGN) : leur montant équivaut à 39 % du total de la facture de gaz.
  • L’acheminement : il s’agit de l’ATRD (Accès des tiers au réseau de distribution de gaz naturel). Il représente 35 % de la facture de gaz (contre 36 % pour la fourniture).

Prix de la molécule de gaz : quid de la situation récente ?

Dans le contexte de la pandémie de Covid-19 et la diminution drastique des coûts du pétrole qui a suivi, le prix du MWh de gaz a sensiblement baissé entre 2019 et 2020. En mars 2020, on enregistre ainsi un recul de 4,6 %. La situation est tout autre en 2021. Entre le mois de janvier et celui de septembre, les tarifs du gaz subissent une augmentation de 57 %. Les experts présentent différents arguments pour expliquer une telle inflation, parmi lesquels une demande importante en gaz naturel liquéfié sur le continent asiatique. Afin de limiter l’impact de la hausse des prix de l’énergie sur les consommateurs, le Premier ministre d’alors, Jean Castex, annonce l’instauration d’un bouclier tarifaire. Si une décrue des prix est initialement prévue en 2022, le début du conflit russo-ukrainien (deux pays qui disposent d’importantes ressources gazières) rabat les cartes. Le coût du gaz continue d’augmenter en 2022, justifiant de facto la poursuite du bouclier tarifaire jusqu’au 31 décembre 2022. L’année 2023 se caractérise, quant à elle, par une grande volatilité. En janvier 2023, le prix PEG (Point d’échange gaz) du gaz naturel atteint les 60,409 euros, alors qu’il n’est plus que de 45,742 euros en octobre. Plusieurs éléments méritent d’être avancés pour expliquer des fluctuations aussi notables, parmi lesquels :

  • une hausse de 15 % au 1er janvier 2023 des tarifs réglementés du gaz ;
  • le plafonnement, décidé par les pays membres de l’UE, des prix du gaz sur le marché de gros à compter du 15 février 2023 ;
  • l’ouverture dans le port du Havre d’un terminal méthanier flottant (dédié à l’approvisionnement en gaz naturel liquéfié, il pourrait avoir des répercussions sur les coûts de l’acheminement) ;
  • le conflit, depuis octobre 2023, opposant le Hamas à Israël (ce dernier importe pas moins de 7 milliards de mètres cubes de gaz en direction de l’Europe).

Quelles sont les prévisions concernant le coût du gaz pour 2024 ?

Après plusieurs semaines consécutives de baisse, le prix de la molécule de gaz a enregistré une hausse sensible en mars 2024. On relève notamment une légère augmentation des contrats à terme. Les prix restent toutefois 20 % moindres à ce qu’ils étaient en début d’année. Le niveau satisfaisant des réserves de gaz européennes, associé à une consommation modérée, concourt aussi à la stabilité des coûts. Ceux-ci devraient-ils par conséquent s’orienter à la baisse durant l’année 2024 ? Si les experts restent circonspects et prudents, ils tablent toutefois sur une hausse des tarifs gaziers. Le prix de l’acheminement devrait notamment augmenter de 40 %. La Commission de régulation de l’énergie préconise en outre un accroissement des tarifs de distribution de 30 % à partir du 1er juillet 2024. Une majoration des taxes est de surcroît à l’ordre du jour. Ainsi, la Taxe intérieure de consommation sur le gaz naturel (TICGN) est passée de 8,37€ par MWh à 16,37€ par MWh depuis le 1er janvier 2024. Concrètement, les spécialistes du courtage énergétique estiment que la facture de gaz pourrait augmenter de 11,3 % HT pour un usage combinant chauffage et eau chaude.


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